Netflix au cœur des relations humaines : de la romance sur deux décennies au drame générationnel grinçant
La plateforme de streaming continue d’étoffer son catalogue avec des œuvres qui décortiquent avec finesse nos liens affectifs. D’un côté, nous retrouvons l’adaptation britannique poignante Un Jour (One Day), disponible depuis le 8 février 2024. Portée par Ambika Mod et Leo Woodall dans les rôles respectifs d’Emma Morley et Dexter Mayhew, cette mini-série s’empare avec brio du best-seller de David Nicholls. Le postulat est redoutablement efficace. Tout commence lors de leur soirée de remise de diplômes, le 15 juillet 1988, date de leur tout premier échange. Leurs chemins se séparent dès le lendemain, mais la caméra s’obstine à les retrouver à cette date précise, année après année. C’est un dispositif narratif particulièrement ambitieux. Il permet d’observer au plus près les métamorphoses de ce duo sur vingt ans, de leurs rapprochements fulgurants à leurs inévitables éloignements, au gré des joies et des tragédies. Au fil des épisodes, cette romance captivante tisse une toile complexe autour de l’amitié, des choix de vie et de l’évolution personnelle face aux épreuves du temps.
La satire sociale renouvelée avec Acharnés
Si Un Jour mise sur la tendresse et la mélancolie, Netflix sait aussi investir dans des explorations beaucoup plus sombres et nerveuses de la psyché humaine. C’est exactement ce que propose Acharnés (Beef). Face au triomphe absolu de la première saison, le géant californien a logiquement choisi de consolider son partenariat avec son créateur, Lee Sung Jin. Ce nouvel accord global pluriannuel, qui englobe la création de séries et de longs métrages, vient d’être acté juste avant l’avant-première mondiale de la saison 2 au célèbre Egyptian Theatre d’Hollywood. Il faut admettre que le coup d’essai de Lee en 2023 a été magistral. L’œuvre s’est maintenue cinq semaines dans le Top 10 mondial, s’est imposée dans 87 pays et a fait une véritable razzia lors des cérémonies avec huit Emmy Awards et trois Golden Globes, raflant notamment les trophées de la meilleure mini-série. Jinny Howe, responsable des séries scénarisées pour les États-Unis et le Canada chez Netflix, voit d’ailleurs en lui un véritable visionnaire, capable de forger des liens émotionnels intimes et spécifiques qui transcendent les cultures et les générations.
Un casting cinq étoiles pour une lutte de pouvoir
Désormais pensée comme une série d’anthologie, Acharnés s’apprête à faire son grand retour le 16 avril. L’intrigue fait déjà couler beaucoup d’encre. Finie la simple querelle d’automobilistes, place à une critique sociale acerbe doublée d’une lutte de pouvoir intergénérationnelle. L’histoire se concentre cette fois sur un couple de la génération Z, formé par Cailee Spaeny et Charles Melton. Employés subalternes dans un country club huppé, ils se retrouvent rapidement happés par le naufrage conjugal de leur patron, un cadre de la génération Y incarné par Oscar Isaac, et de sa femme, jouée par Carey Mulligan. Dans ce microcosme étouffant, entre chantages et faveurs, tous vont tenter de s’attirer les bonnes grâces de la propriétaire milliardaire du club (Youn Yuh-jung). Cette dernière est pourtant elle-même empêtrée dans un scandale impliquant son second mari (Song Kang-ho). Produite par le prestigieux studio A24, cette nouvelle salve d’épisodes s’annonce féroce. De son côté, Lee Sung Jin n’a pas caché son enthousiasme face à cette liberté créative renouvelée, soulignant que ce travail n’aurait pas pu voir le jour sans le soutien de la direction de Netflix, citant nommément Ted Sarandos, Bela Bajaria, Jinny Howe et Irene Lee.